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Monte-escalier en copropriété ou en location : qui décide, qui paie

Locataire, vous pouvez faire poser un monte-escalier à vos frais après une demande en recommandé au bailleur : sans réponse sous 2 mois, c'est accepté. Copropriétaire, vous pouvez équiper l'escalier commun à vos frais ; l'assemblée générale ne peut s'y opposer que pour des motifs précis.

Qui décide, qui paie : le tableau selon votre situation

SituationQui décideQui paieAides possibles
Propriétaire d'une maison Vous seul Vous MaPrimeAdapt' (50 à 70 %), TVA 5,5 %, APA ou PCH
Locataire du parc privé Le bailleur, dont le silence pendant 2 mois vaut accord Vous, le locataire MaPrimeAdapt' avec l'accord du bailleur, TVA 5,5 %, APA ou PCH
Copropriétaire, escalier dans votre lot (duplex) Vous seul Vous MaPrimeAdapt', TVA 5,5 %, APA ou PCH
Copropriétaire, escalier commun L'assemblée générale, qui ne peut que s'opposer pour des motifs précis Vous, si vous en faites la demande TVA 5,5 % ; MaPrimeAdapt' à faire confirmer par l'accompagnateur
Copropriété qui équipe l'escalier pour tous L'assemblée générale, à la majorité de l'article 24 Le syndicat des copropriétaires TVA 5,5 % ; aides individuelles non mobilisables

Le prix ne change pas selon le statut : comptez 2 500 € à 5 500 € pour un escalier droit et 7 000 € à 12 000 € pour un tournant, pose comprise (détail des prix). Ce qui change, ce sont les autorisations à obtenir avant la pose.

Vous êtes locataire : la demande au bailleur

En principe, un locataire ne peut pas transformer le logement sans l'accord écrit du propriétaire. La loi du 6 juillet 1989 prévoit une exception pour les « travaux d'adaptation du logement aux personnes en situation de handicap ou de perte d'autonomie », réalisés aux frais du locataire (article 7 f). Le décret du 29 septembre 2016 en dresse la liste, qui comprend l'installation « d'élévateurs ou d'appareils permettant notamment le déplacement de personnes à mobilité réduite ». Le monte-escalier n'y est pas nommé, mais il entre dans cette catégorie ; en cas de doute, l'ADIL de votre département vous renseigne.

La procédure, étape par étape

  1. Faites établir le devis après une visite technique : la demande doit désigner l'entreprise qui réalisera les travaux.
  2. Écrivez au bailleur en lettre recommandée avec accusé de réception. Décrivez précisément l'appareil et les conditions de pose (fixations sur les marches, prise électrique), nommez l'entreprise, rappelez que l'absence de réponse vaut acceptation et reproduisez l'article 7 f de la loi, comme le prévoit le décret.
  3. Attendez la réponse ou l'expiration du délai. Si le bailleur ne répond pas dans les 2 mois qui suivent la réception de la lettre, sa décision est réputée favorable. Ce délai était de quatre mois avant la loi ELAN de novembre 2018.
  4. Faites poser l'appareil par l'entreprise indiquée dans la demande.
  5. Envoyez une attestation au bailleur dans les deux mois qui suivent la fin des travaux : vous y certifiez qu'ils ont été réalisés par l'entreprise choisie et qu'ils correspondent à ce qui a été notifié.

Gardez l'accusé de réception, le devis et l'attestation avec le bail : ce sont vos preuves au moment de l'état des lieux de sortie.

Au départ : pas de remise en état

Lorsque le bailleur a accepté, expressément ou par son silence, il ne peut pas exiger la remise des lieux en l'état au départ du locataire. La loi ne règle pas en revanche le sort de l'appareil lui-même. Un monte-escalier droit se démonte et se revend (voir l'occasion) ; un rail tournant, fabriqué pour cet escalier, n'a guère de valeur ailleurs. Si vous voulez l'emporter ou le laisser, faites-le préciser par écrit avec le bailleur, y compris la reprise des trous de fixation dans les marches.

Sans l'accord du bailleur, ou pour un besoin de quelques mois, deux solutions évitent toute fixation : la location, qui suppose quand même une pose sur les marches et donc la même demande, et le monte-escalier mobile, manœuvré par un aidant, qui ne touche pas à l'escalier.

Vous êtes copropriétaire : l'escalier commun

Si l'escalier est privatif, à l'intérieur de votre lot (un duplex, par exemple), aucune autorisation n'est nécessaire. S'il s'agit de l'escalier de l'immeuble, c'est une partie commune, et la loi du 10 juillet 1965 a été réformée en 2020 pour faciliter l'accessibilité.

Vos travaux, à vos frais : l'article 25-2

Depuis le 1er juin 2020, « chaque copropriétaire peut faire réaliser, à ses frais, des travaux pour l'accessibilité des logements » aux personnes handicapées ou à mobilité réduite, même s'ils affectent les parties communes.

Des travaux décidés pour tous : l'article 24

La copropriété peut aussi décider d'équiper elle-même l'escalier, aux frais de tous. Les travaux d'accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite se votent alors à la majorité des voix exprimées (article 24), à condition de ne pas affecter la structure de l'immeuble ou ses éléments d'équipement essentiels.

Ce que l'assemblée regardera

Un escalier commun doit rester praticable pour les autres habitants et pour les secours. Replié, un siège de monte-escalier occupe 31 à 41 cm depuis le mur selon les fabricants, et l'escalier doit mesurer au moins 63 à 71 cm de large en droit. Présentez ces mesures dans votre descriptif, avec la possibilité de garer le siège sur le palier, et précisez qui prendra en charge l'entretien et l'électricité : ce sont les questions qui reviennent en assemblée. Prévenez aussi votre assureur.

Les aides, selon que vous êtes locataire ou copropriétaire

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